12
décembre 2018

101e Congrès des maires : l'intercommunalité, subie ou choisie

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L'actuel mandat des maires a été marqué par une refonte importante de l'intercommunalité. "En deux ans, nous sommes passés de 2 000 à 1 200 intercos", a rappelé André Laignel, premier vice-président délégué et président de la commission Intercommunalité de l'AMF (Association des maires de France), qui a co-présidé le premier débat du 101e Congrès des maires, le 20 novembre, à Paris.

Entre perte d'autonomie et opportunité à saisir, la nouvelle organisation intercommunale est vécue différemment d'une commune à l'autre, selon l'histoire de son territoire, ses enjeux, ou le cadre institutionnel dans lequel elle s'inscrit. Surtout, qu'il s'agisse "d'une interco choisie ou subie". André Laignel, également maire (PS) d'Issoudun (36) défend le regroupement de communes, à condition qu'il s'accompagne du principe de "subsidiarité", qui consiste à "faire au niveau le plus pertinent ce qui peut être fait". 

"L'intercommunalité est une chance", a poursuivi Stéphanie Guirand-Chaumeil, maire (DVD) d'Albi (81) : "elle permet de rendre aux citoyens des services que les communes seules ne pouvaient rendre", d'après la présidente de la communauté d'agglomération de l'Albigeois. 

Pour Fabian Jordan, maire (SE) de Berrwiller (68), l'interco doit permettre de "construire un territoire dont nous sommes fiers". En un an, la communauté Mulhouse Alsace Agglomération qu'il préside est passée de "subie" à "choisie". Fruit d'un travail collaboratif, explique celui qui s'impose de "répondre aux maires en moins de 12 heures". Pour préserver les liens de proximité, avec les conseillers municipaux notamment, Fabian Jordan a mis en place des "ateliers projets", lieu d'échanges et de concrétisation. 

La communauté d'agglomération du Bassin de Bourg-en-Bresse aussi a été "choisie", indique son président, Jean-François Debat. Le maire (PS) de la ville centre organise des "conférences territoriales" et autres rencontres, pour, notamment, définir, les projets structurants, du ressort de la CA, ou les projets de proximité, qui restent dans le champ communal, et aussi "garder le contact avec les maires". Avec, pour fil rouge : une recherche de complémentarité entre des communes, qui pourraient se faire concurrence. L'intercommunalité a aussi ses incohérences. "Un PLUI pour 75 communes", ça n'a pas de sens, selon l'élu, pour qui le document d'urbanisme devrait porter sur la zone dense uniquement.  

"La taille des intercommunalités n'est pas la question", relance Stéphanie Guirand-Chaumeil. La problématique, c'est "la place des exécutifs municipaux" dans "une intercommunalité non choisie".

Dans la communauté de communes du Pays des Herbiers (85), où l'activité économique s'épanouit dans un maillage de PME et artisans solides et une vie associative bien tissée, "une certaine défiance" de la population vis à vis du regroupement intercommunal s'est fait sentir, relate sa présidente, Véronique Besse. Pour la maire (MPF) des Herbiers, il faut "créer des liens petit à petit, et s'adapter au rythme des élus", "respecter la liberté des communes", et montrer que l'interco peut être un atout pour les communes en leur "apportant une expertise" par exemple.

Quel que soit le passif du territoire, l'intercommunalité ne se décrète pas, elle se co-construit. Tous se l'accordent à dire.