Le Scot avignonnais interdira toute extension des zones commerciales en périphérie

Projets urbains
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Le bassin de vie d‘Avignon compte près de 500 000 m2 de grandes et moyennes surfaces pour 300 000 habitants, "soit un rapport surface commerciale par habitant largement supérieur à ceux des Scot de Grenoble, Nîmes, Toulouse ou Lyon", explique Christian Randoulet, président du syndicat mixte pour le Schéma de cohérence territoriale du bassin de vie d'Avignon, qui rassemble le Grand Avignon et trois communautés de communes environnantes (les Sorgues du Comtat, le Pays Réuni d’Orange, Aygues-Ouvèze en Provence), soit 34 communes. Avec 120 000 m2 de surface de vente autorisés entre 2009 et 2016, le territoire a en outre connu "un développement des zones commerciales périphériques dont le dimensionnement est déconnecté des besoins locaux et de la consommation des ménages".

Afin de pallier "les dysfonctionnements générés par un tel mode de développement", le syndicat chargé de l'élaboration du Scot a présenté, fin janvier, sa charte d'urbanisme commercial adoptée quelques mois plus tôt. Ces dysfonctionnements, précise le président du syndicat, également vice-président du Grand Avignon délégué à l'aménagement, se caractérisent notamment par "une création d’emplois pas toujours avérée, un frein aux politiques de revitalisation de centre-ville, une consommation excessive des espaces agricoles et naturels, une accessibilité 'tout voiture', une dégradation des paysages d’entrée de villes".

Fin des extensions et diversification des zones commerciales existantes

"Conscients des risques" pour l’attractivité du territoire et soucieux de garantir un cadre de vie qualitatif, les collectivités du bassin de vie d'Avignon ont ainsi décidé de "replacer l’aménagement commercial au cœur de [leur] politique territoriale". La charte fixe ainsi trois axes. Le premier consiste à "ne plus permettre d’extension urbaine à vocation commerciale pour les zones existantes" et à "promouvoir la diversification" de celles-ci "de manière encadrée". 

Le deuxième principe est celui d'une "localisation préférentielle des équipements commerciaux en cohérence avec l’armature urbaine et en faveur des centralités urbaines" : les élus s'engagent notamment à mettre en place une "politique d’aménagement global" au bénéfice des centres-villes "en créant des conditions d’accueil favorables". Les Plans locaux d'urbanisme (qui devront être compatibles avec le futur Scot) "définiront les conditions d’implantations commerciales dans le reste de l’enveloppe urbaine", précise la charte. 

Le troisième axe mis en avant consiste à "exiger une plus grande qualité urbaine, architecturale, paysagère et environnementale pour les implantations commerciales". Plusieurs principes de qualité architecturale sont fixés (qualité architecturale d’ensemble en lien avec l'environnement immédiat, qualité des espaces publics, insertion paysagère des parcs de stationnement et des accès techniques et de livraison), ainsi que des objectifs de performances énergétiques et de consommation d'espace, et enfin, des objectifs de desserte multimodale des espaces commerciaux. 

Une "conférence permanente" rassemblant tous les acteurs 

Parmi les grands principes également mis en avant, notons celui visant à "définir et mettre en œuvre collectivement, à l’échelle du bassin de vie, une gouvernance commerciale impliquant l’ensemble des acteurs(acteurs publics, collectivités locales, CCI, porteurs de projets privés, commerçants, société civile, associations). Afin de développer cette culture et ces références communes et "d’anticiper les projets et les mutations du commerce", les élus du Scot souhaitent créer une "conférence permanente de l’urbanisme commercial" animée par l’Agence d'urbanisme Rhône-Avignon-Vaucluse (Aurav). Enfin, ils font part de leur volonté d'"engager un dialogue avec les territoires voisins à l’échelle de l’aire urbaine".

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